« Un voyage touristique à la carte
qui débute par une épreuve digne d’un parcours du combattant indique clairement
que le tourisme de l’an 2O10 n’est pas automatiquement générateur de plaisir
pour ceux qui le pratique mais il est toujours générateur de profit pour ceux
qui l’exploite ! En Crète ce but est généralement atteint par les
professionnels du Tourisme qui y sévissent !»
La pendule indiquait minuit lorsque nous arrivons,
épuisés, devant le comptoir du concierge du PALM, empêtrés dans nos bagages.
L’accueil souriant du préposé nous réconforte un
peu. Nous avons la sensation agréable de nous trouver dans une maison amie.
Toutefois nous constatons immédiatement que l’ascenseur n’arrive pas jusqu’au
hall et que nous allons devoir nous hisser, par l’escalier, jusqu'à l’entresol
pour gagner notre chambre au deuxième étage. Heureusement nos bagages suivent
avec le concierge. Notre parcours du combattant se termine enfin à l’entrée de
la chambre, 202, à la fois spacieuse, sobre mais dont l’éclairage me semble
parcimonieux. Mais à ce moment là les zombis
accablés que nous sommes ne pensent qu’à dormir ! Agréable étonnement
lorsqu’après de courtes explications notre intervenant retira du réfrigérateur
deux assiettes bien achalandées nous offrant la perspective inattendue mais
fort agréable de nous restaurer. Nous avons beaucoup apprécié cette
attention même si cet encas n’a pu être arrosé qu’à l’eau minérale !
Après, sans plus attendre je déballe mon appareil
respiratoire et lorsque je tente de le brancher c’est l’échec. Je dormirais
donc sans son aide ce qui n’améliorera surement pas la qualité de mon
sommeil ! Nous arrêtons la climatisation puis nous ouvrons la porte
fenêtre donnant sur le balcon afin de profiter de la fraicheur du petit
matin !
Au réveil sonné par un coq du voisinage nous découvrons
depuis notre balcon l’oasis de verdure dans laquelle l’hôtel est implanté, au
second plan la mer d’un beau bleu soutenu et plus loin des collines à la
végétation brulée. Aucune verrue dérangeante n’est visible depuis notre
balcon : que souhaiter de mieux !
Je me souviens alors
de la description de ce lieu faite sur le site de réservation
« BOOKING.COM » que j’avais consulté à la réception du mail de
confirmation d’Héliades libellé ainsi : « Situé sur la côte nord de la Crète,
l'Elounda Palm est un hôtel familial, contemporain par sa décoration et
combinant simplicité et tradition d'une manière qui lui est propre. Il se
trouve à seulement 1 km du village d'Elounda et à 7 km de la ville animée
d'Agios Nikolaos.
Entouré par de splendides jardins et jouissant d'une magnifique vue sur le
golfe d'Elounda, cet hôtel fournit tout le confort pour des vacances sans
soucis. Nos 63 bungalows et Suites Juniors ainsi que notre piscine mettent à
votre disposition tout l'équipement nécessaire pour vous sentir comme chez
vous.
Restaurant, bar, réception ouverte 24h/24,
jardin, chambres familiales, ascenseur, coffre-fort, chauffage, gays
bienvenus. »
A première vue, au réveil, celà n’était pas un mauvais
choix !
En route vers le petit
déjeuner, nous constatons que dans cet hôtel tarabiscoté l’ascenseur n’est pas
très fonctionnel. Il ne dessert pas, non plus, la salle à manger. Durant ce
premier parcours, d’escalier en escalier, nous détectons la vraie raison de
cette erreur, non accidentelle, en découvrant au niveau de l’entresol une
boutique de bijoux ! Clients et visiteurs qui gagnent les salons, les
chambres et les terrasses passent ainsi automatiquement devant la boutique.
C’est certainement bon pour le commerce des perles mais difficilement acceptable pour mes jambes. Je commence à
réaliser que le service des voyages à la carte d’Héliades n’a pas du tout pris
en compte les éléments que je lui ai fournis et je pressens que notre séjour ne
comblera pas toutes nos espérances !
De fait, rapidement je constate que l’Elounda Palm
n’est qu’une oasis artificielle, agréable certes, mais située en zone lépreuse.
Dés que l’on sort du périmètre occupé par l’hôtel on se heurte a des paysages
de désolation de type dépôts de matériaux divers ou enclos minables ou végètent
des animaux presque à l’abandon. Aucune promenade piétonne agréable pour les
résidents ne supportant pas l’enfermement. Idéal par contre pour les
inconditionnels de la bronzette stupide autour de la piscine et les
piliers de bar ! Quant aux buffets des diners s’ils sont variés ils sont
assez peu attrayants car pauvres !
Pour s’évader de ce drôle de paradis il faut des jambes
solides pour rejoindre la mer à pied car les distances indiquées sur les pubs
nous ont semblé sérieusement minorées. C’est en réalité des expéditions peu
faciles, non balisées que nous avons tout de même réalisé au prix d’efforts
méritoires.
S’il s’agit bien d’un hôtel proposé par Héliades nous
n’avons, par contre jamais reçu la visite d’un représentant du Tour opérateur
et aucune excursion ne nous fut proposée ! Ce fut donc un service à la
carte virtuel qui nous a surpris désagréablement.
C’est donc avec plaisir et
crainte que nous accueillons notre transfert vers la partie centrale de la
Crète pour une semaine à Réthymnon à l’hôtel Pearl
Beach annoncé par Héliades comme une bonne adresse pour allier plaisir
balnéaires et découvertes. C’est en taxi que ce transfert est réalisé. Le
chauffeur ne parlant strictement que le grec nous oublia sur le siège arrière
et ne nous gratifia d’aucune explication, durant la durée de ce long
déplacement. Il pratiqua une conduite de type rallie et ne cessa pas de téléphoner à voix haute durant la totalité du trajet nous ôtant jusqu’à
l’envie de contempler des paysage pourtant variés tant sa conduite d’une seule
main ne nous semblait peu rassurante. A l’arrivée nous n’avions pas très bonne
mine mais nous étions véritablement soulagés d’en avoir terminé avec cette
épreuve.
A la réception, nous constatons avec plaisir que notre
langue est pratiquée avec aisance, ce qui nous valut des explications longues
et détaillées qui hélas n’aboutirent pas au résultat escompté, puisqu’a
l’arrivée dans la chambre qui nous est attribuée nous découvrons une sorte de
tunnel sombre occupé par trois lits et dont l’unique fenêtre ouvre sur une
ruelle. Exaspéré, je fis savoir sans plus attendre que je n’acceptais pas ce
type d’hébergement indigne d’un hôtel 4 étoiles. Nos valises demeurèrent
bouclées en attendant un hébergement convenable ce qui demanda un peu de temps
et de patience avant que nous intégrions une sorte de bonbonnière ouvrant sur un mini balcon entouré de verdure et de voisins
présents au point que je sentis immédiatement que
je ne supporterai pas plus d’une journée ce type d’établissement! Un honnête déjeuner nous requinqua quelque peu et nous permis
de faire le point calmement. Rapidement j’’arrivais à la conclusion que dans
cet hôtel nous étions les seuls clients « Héliades »donc totalement
hors circuit et isolés. Totalement abandonnés à 3 bons kilomètres de la ville
dans un bronze cul international agrémenté de parasols aux couleurs
chatoyantes ! Dans l’après midi nous avons erré autour de l’hôtel dans un quartier assez tristounet et
surprise, à notre retour à l’hôtel, nous avons constaté un phénomène naturel en
ce lieu une queue imposante des bronzés affamés rangés sagement devant l’entrée
du restaurant autour de 18 heures ! En réalité ce spectacle nous sembla
affligeant !
Le seul buffet dinatoire
auquel nous avons finalement pris part nous a semblé plus attrayant que ceux du
Palm mais l’ambiance de cet hôtel usine nos incita à le quitter au plus vite.
Le lendemain matin j’établis le contact avec l’antenne la plus proche
d’Héliades et après négociations j’obtiens satisfaction, notre transfert au
THEARTEMIS PALACE situé beaucoup plus prés de la
ville et d’un confort nettement amélioré nous permettant de vivre une fin de
séjour bien plus agréable mais toujours sans la moindre assistance du tour
opérateur que nous avions imprudemment accepté !
Finalement notre voyage n’aura pas été de tout repos et
il ne nous à pas permis d’appréhender sérieusement les différentes facette de
cette Crète toute en contraste. Nous n’aurons pu seulement nous rendre compte
des progrès du bétonnage rampant tout au long de la
côte terrain de jeu de promoteurs cupides. Nous avons aussi constaté les
résultats un peu effrayants d’une urbanisation anarchique à Réthymnon. Au
retour de nos promenades dans la vieille ville nous retrouvions avec plaisir
l’ambiance si agréable du Theartemis et nous avons oublié jusqu’au transfert du retour que nous étions des
clients d’Héliades !
Mais en ce dernier jour la dure réalité s’imposait à
nous, à nouveau à l’arrivée de deux autocars de ramassage non accompagnés de
représentant du tour opérateur. Les Chauffeurs étant incapables de fournir la
moindre explication nous avons embarqué pour un circuit de ramassage dans les
hôtels de la côte de 7 heures du matin à 11heures. A la dernière étape un jeune
homme vêtu d’un tee short Héliades prit place sur
un strapontin à coté du chauffeur et resta silencieux et ce ne fut qu’a
l’arrivée à l’aéroport d’Héraklion qu’il nous adressa quelques mots puis sortit
un carton portant l’inscription Héliades et s’élança vers l’aéroport sans se
préoccuper de savoir si l’on suivait ou pas et à notre arrivée dans l’aérogare
il avait disparu et c’est une hôtesse FRAM qui gentiment nous renseigna sur le
marathon qui nous attendait et qui se termina dans l’avion avec un plateau
repas toujours aussi alléchant. Je parvins à faire un somme et comme tout fini
par avoir une fin nous nous retrouvâmes à notre point de départ à l’aéroport de
Deauville où était censé nous attendre la navette
nous ramenant à Fécamp, que nous avons du attendre devant
l’aérogare durant 45 minutes, ce qui ne manqua pas
de nous remplir d’aise. A croire que ce voyage devait se révéler jusqu’au bout
absolument désastreux !
J’ai retrouvé a cette occasion, avec étonnement, ce
monde du tourisme que j’avais un peu perdu de vue, j’ai pu donc constater que
la progression de ces professionnels était bien moins spectaculaire que l’on
s’efforce de nous le faire croire.
Que penser de ce type d’évolution ? Doit-on
cautionner l’action de tous ces prédateurs qui sans
vergogne font n’importe quoi pour engranger de l’argent ?