Montmartre-Duboubou

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jeudi, janvier 5 2012

Un après midi très ordinaire…



J’en passe de ces après midi ordinaires, en moyenne trois par semaine, en dialyse, à  Jacques Monod, une usine ou les optimistes pensent qu’ils bénéficient d’un formidable supplément de vie et ou les plus réalistes savent qu’ils sont dans l’antichambre de la mort, surveillés par des gestionnaires peu enclins a semer des pétales de roses sur le dur chemin qu’ils leur reste à parcourir .
Dans ce contexte assez peu favorable, petit à petit la nouvelle dialyse cherche, en cahotant, sa vitesse de croisière  avec en toile de fond cette pénurie chronique de personnel!
L’on ne peut parler d’harmonie ni à l’arrivée et pas davantage au départ des patients et souvent les gentils petits soldats sont assez débordés en raison, simplement, du sous effectif chronique, bien qu’ils ne ménagent pas pour autant leur peine.
 Et l’on devra bien admettre, sans doute tardivement que ce service fonctionne, de fait, sur le fil du rasoir, correctement grâce à la grande disponibilité des personnels mais toutefois à la limite de l’aléatoire!

La conception même de ce nouveau centre atteste la volonté des technocrates de le faire fonctionner avec un personnel réduit au minimum. Cette formule de la grande salle ou les lits sont disposés en cercle autour d’une plateforme technique permettant une surveillance plus facile des patients dialysés, l’atteste. L’on ne peut pas dire que ce soit là une formule d’avant-garde car au contraire l’on revient aux grandes salles que l’on trouvait dans les mouroirs du type 19ème siècle même si chaque lit est séparé par une mini cloison en plastique amovible, la promiscuité reste tout à fait réelle voire désagréable! Ce n’est pas non plus la présence d’une climatisation agressive, distribuée par des diffuseurs disposés en dépit du bon sens qui peut rendre ce local, retapé de façon si intelligente, particulièrement convivial.
Sans aucun doute possible avec simplement un peu plus de bon sens et sans dépenser plus on aurait pu obtenir un résultat plus convainquant.
Mais dans cette sorte d’usine l’argent a dit-on tendance à ne pas être judicieusement employé a moins  qu’une raison pas du tout avouable ne soit la cause de ces erreurs tout à fait évitables !

Il est beau le libéralisme triomphant à la française!

dimanche, décembre 18 2011

Ce supplément de vie…

 

… que nous offre la dialyse ?

 

Le jour du choix est finalement arrivé. Même si l’enthousiasme n’est pas au rendez vous,   on à fait le grand saut afin de participer à la prolongation proposée. C’est   assez logique même pour un agnostique, naturellement dépourvu de contrats d’assurances concernant la, soi disant, vie d’après !

Tout naturellement suit alors la période, dite d’adaptation, pas si facile, dans un hôpital déjà proche de l’asphyxie financière et dans une ambiance de cour des miracles avec pour cerise sur le gâteau, des locaux peu accueillants, eux aussi en fin de vie !

Heureusement dans les équipes de soignants l’on rencontre des humains attachants dans ce grand foutoir, qui au premier abord, semble autogéré. Finalement l’on découvre qu’il existe, comme partout, une hiérarchie d’où émerge le gestionnaire,  ce dominant qui a des boys à tous les étages, dans tous les services et la dialyse n’échappe pas totalement à son regard contraignant !

 

Aujourd’hui attaché à mon robot, au sein de la nouvelle dialyse de conception, rénovation au moindre cout. Toutefois, coté cout le doute semble permis car dans le monde du social fleurit certaines« combinationes », disent les mauvaises langues ! Je n’ai pas, à ce jour, tout visité mais la partie que je fréquente avec assiduité s’est d’entrée révélée décevante. Il s’agit pourtant d’un local assez grand ou l’on a décidé de répartir, en rond les lits façon  « mouroir d’entant ». Quant à la promiscuité, elle est assurée en dépit de ridicules rideaux amovibles. Au centre de cette grande pièce un espace  est réservé aux soignants, traité façon bar ou le téléphone sonne en permanence!

 Dans l’ancien local la climatisation était un peu folle et l’on espérait que dans le nouveau centre le problème n’existerait plus mais nous avons du constater que la situation était relativement plus mauvaise, à croire même que les emplacements des diffuseurs d’air réfrigéré ont été déterminés par des experts adeptes du 421 ! La situation est carrément désagréable et propre à envenimer beaucoup de pathologies. Pour moi cela a comme effet d’entretenir une rhinite gênante ! L’on peut parler de franc succès : l’hôpital générateur de toutes sortes de pathologies ! Une façon comme une autre d’alimenter en matière première cette magnifique usine pilote!

 

Bien que je partage la vision d’un hôpital public égalitaire j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi un tolard flanqué de ses anges gardiens peut bénéficier de la tranquillité d’une chambre individuelle, bien plus hospitalière, avantage refusé à la démente qui hurle à longueur de séance ou encore au catarrheux dont à toux épouvantable secoue la chambrée. De fait rien n’a été prévu et l’on se demande pourquoi l’on a volontairement recréé fin 2011 une ambiance « cour des miracles » certes de 1ere classe. Celà qui semble assez déroutant ?

 Finalement, l’on ne peut pas parler sérieusement d’économies et le seul résultat tangible est que l’on nous offre une bien triste survie que nous devons à des gestionnaires à classer dans la catégorie « rustres de la first classe ».

 

Alors Messieurs  les hommes meurtris pour qui vous travaillez sont dispensés, tout simplement, de vous dire merci!

 

 

lundi, novembre 21 2011

Un week-end sous le soleil…


 

… c’est bon pour le moral !

 

Demain retour à l’usine Monod, cela sera un autre jour,  pour poursuivre quoi ? Sans aucun doute possible, la même histoire qui ne mène nulle part !

 

Une amie m’a offert une occasion de quitter ma cage de la rue de Mer et m’a fait découvrir de petites routes sinueuses ou elle fait courir son chien, au-dessus de la falaise en direction d’Yport.

Ce parcours avait quelque chose d’un peu déroutant car, j’avais dés le départ, admis que le danger rodait autour de nous. Notre amie n’a plus qu’un œil, en service et son chien qui courait devant la voiture me semblait en danger bien que cet animal, fougueux mais gentil, obéisse parfaitement à la voix de sa maitresse. Le danger ne venait pas seulement de notre amie mais aussi des routes que nous empruntions. Elles étaient si étroites, si sinueuses, si encaissées et toujours a double sens, rendant problématique tout croisement d’un véhicule roulant en sens inverse avec, entre les deux, ce brave chien pas particulièrement conscient du danger. Je dois avouer, avoir été en alerte rouge, le temps  de cet exercice de funambule ! Tout c’est finalement bien passé car le numéro était bien mieux réglé que je ne supposais au départ. « Tom »  et sa maitresse ont exécuté, un sans faute, devant mes yeux ébahis ! J’en suis fort aise et rassuré !

A l’arrivée sur l’esplanade du Casino d’Yport mon déambulateur me permit de me dégourdir les jambes. Toutefois rien à voir avec le marathon Htes Falaises, mais j’ai beaucoup apprécié cette récréation inattendue et si gentiment accordée !

Nous sommes rentrés avant qu’il ne fasse nuit, « Tom » avait regagné sa place à l’arrière du break et lorsqu’un paisible passant se présentait à proximité des aboiements dissuasifs ne l’incitait pas à flâner !

 

Un insipide programme diffusé par notre télévision de Service Public m’ayant obligé à  un repli dans ma datcha, quelques nuages, ne tardèrent pas à envahir mon pauvre crane pourtant bien oxygéné au cours de cette journée assez exceptionnelle pour moi. Il est vrai que la perspective de retrouver demain, ce cadre, en fin de vie, appelé atelier de la dialyse dans cet hôpital-usine ou faire des économies est devenu l’unique préoccupation !

J’en étais là de mes réflexions lorsque je me suis décidé à me réfugier dans un sommeil réparateur.

C’est une douleur lancinante de type brulure qui me réveilla. Après avoir allumé mon chevet je constate qu’il est 3 heures. J’éprouve des difficultés sérieuses pour retrouver une certaine verticalité mais au bout d’un certain temps je parviens à poser mes pieds sur une partie fraiche du sol de ma datcha. Je reste immobile car ma stabilité est douteuse. La douleur redevenant supportable j’envisage de regagner mon lit mais je me rappelle que mon masque anti- apnée  est tombé entre mon lit et le mur et soudain, pensant l’opération facile je décide de le récupérer. Je constate alors que je suis comme paralysé. Mon corps échappe à mon contrôle et  je m’écrase à plat ventre sur le lit mais le sommet de mon crane heurte la cloison et le sang jaillit. La scène du crime devint rapidement spectaculaire car tout ce passe au ralenti. Je mets un peu de temps avant de contrôler la situation mais j’y parviens enfin mais alors je constate que le décor a bien changé. Je fini par me rendormir dans ce triste décors. Je suis sanguinolent et j’ai une compresse au sommet de mon crane dolent. Je n’ai pas pu récupérer mon masque anti apnée, mais qu’importe, je suis toujours vivant même si je suis devenu un incontestable épouvantail !

Au fond ce n’est qu’une histoire banale celle d’un pauvre type qui chaque jour peut contempler sa dégringolade ou mieux encore sa déchéance !

samedi, novembre 5 2011

Une véritable histoire à rouler debout !

Lorsque l’on a des problèmes de santé et que l’on fréquente les établissements hospitaliers du secteur  tout naturellement on fait appel aux services VSL d’une entreprise de transport spécialisée. Ce n’est certes pas toujours formidable et au fil des prestations j’ai enregistré quelques anomalies et même quelques très beaux flops. Toutefois ce 4 novembre qui fut  exceptionnel vaut la peine de vous être conté ! Voici donc les péripéties de cette dernière chevauchée en Pays de Caux.

 

J’avais rendez vous en dialyse, à J Monod, à 13h30. À 12h35 la VSL prévue pour ce transfert était bien devant ma porte. Avec l’aide du chauffeur-ambulancier je m’installe à l’avant et vogue la galère c’est parti direction Le Havre! Nous roulions encore dans Fécamp lorsque le chauffeur annonçait timidement : nous allons charger un autre patient -un silence puis il ajouta- à Gruchet le Valasse. Je lui fis remarquer que ce n’était pas le meilleur itinéraire pour gagner Monod, mais comme mon convoyeur avait des ordres il ne pouvait y déroger ! Sur le ton de la plaisanterie je fis alors la remarque suivante à mon aimable conducteur : conseillez donc  à votre patron d’affréter une flotte de minibus, car son entreprise s’apparente de plus en plus à du transport groupé !

 J’étais déjà en alerte, je pressentais des surprises et la suite des événements vécus a prouvé que je n’avais pas, tout faux. On a bien fini par trouver le deuxième patient en partance pour Monod. C’était une handicapée de forte corpulence, qui se déplaçait avec difficulté à l’aide de deux cannes anglaises. Je compris que rapidement  j’allais me retrouver coincé sur la banquette arrière, en grand inconfort. C’est bien le scénario que j’ai vécu. Je suis arrivé encore vivant à Monod mais gavé des mésaventures vécues par cette bonne dame passablement expansive... Suivit l’épreuve classique de l’arrivée, celle dite du fauteuil roulant, rendu inaccessible par manque d’un ridicule petit jeton ! Mon convoyeur me déposa vite et  bien fait, navré dans le regard. Après cette mise en route franchement énergique j’enchainais sur quatre heures de dialyse à l’issue desquelles j’ai vu réapparaître mon transporteur. J’étais à ce moment là, complètement essoré, je n’avais qu’une envie, me retrouver chez moi le plus rapidement possible. Mais   les orfèvres de « Coquelet and C° » m’avaient concocté un programme bien différent!

 A nouveau, cramponné à mon fauteuil, en route vers la VSL mais durant ce court transfert j’apprends que nous allons récupérer un autre patient à Monod Sud. Je suis tout de même surpris lorsque je constate que deux dames sont déjà  installées dans la VSL. Sans perdre de temps nous partons chercher le 5ème passager  de ce transport  qui devient franchement collectif. Puis soudain la situation se dégrade brutalement lorsque deux personnes se présentent à l’embarquement. Impossible de les charger car la place manque et de plus nous serions en infraction ! Notre Boy Coquelet, tout de suite, fait face à une situation devenue conflictuelle et sans perte de temps il tente de joindre sa base mais le brain-trust de ce fleuron du transport sanitaire Cauchois a déjà enclenché le plan week-end, il est alors 18h05.C’est donc l’ambulancier de permanence qui répond, il semble futé car il propose une solution d’urgentiste complètement démuni, mais assez peu orthodoxe et à manier avec précaution. En effet l’on a seulement proposé aux abandonnés par « Coquelet » de chercher dans leur famille une solution de rapatriement ? Pas facile de faire accepter ce genre de solution! Transporté le matin et abandonné le soir cela fait un peu désordre alors que le dispatcher ne pouvait pas ignorer qu’ils étaient bien deux à rapatrier, le patient et son accompagnant. Noire était la rage de ce brave homme que nous allions abandonner après de longues palabres réconfortantes. Consciencieux le « Boy Coquelet » joua son rôle parfaitement dans cette cagade dont il n’était pas responsable. Il attendit d’avoir la certitude que ces malheureux ne passeraient pas la nuit sur une chaise du hall Sud ! Mais cela a pris finalement pas mal de temps et nous avons patienté sagement …

… lorsque l’on quitta enfin l’hôpital, moi le naïf, je crus sottement que nous allions enfin rallier Fécamp mais curieusement je me suis retrouvé à Valmont ou nous avons déposé les deux dames.

 

Alors, après cette chevauchée fantastique il me semble naturel de venir, sans perdre de temps, vous remercier pour votre belle prestation totalement imprévue, c’est pourtant une performance que vous pouvez, sans doute, réussir, à nouveau, un jour prochain tant votre staff technique semble affirmée ! Il est vrai, que ce genre de désordre peut nuire gravement à votre réputation d’homme désintéressé, qui œuvre durement afin de participer au bonheur des hommes dans la souffrance. Alors vous comprendrez que ma déception soit grande. C’est pour cette raison seulement que j’ai cru bon d’attirer votre attention.

mardi, novembre 1 2011

Corrida en Dialyse ?


 

Je ne me doutais pas qu’il y avait un point de convergence  entre deux disciplines si éloignées, pourtant j’ai constaté qu’en dialyse on plantait comme dans les arènes cruelles des sortes de banderilles ! Toutefois il ya de notables différences, celles qui les posent en dialyse ne revêtent pas le costume de lumière mais une tenue blanche et elles ne courent pas le risque de se faire encorner ! Quoique le risque de contamination dans ce secteur ne flirte généralement pas avec le degré zéro !

Les dards employés en dialyse sont quelques peu différents et ne sont pas ornés de rubans multicolores mais si j’en juge par mon expérience personnelles les bons toreros sont rares ici ! Il faut, tout de même, admettre que planter une aiguille dans une fistule rétive n’est pas chose si simple que cela et pour le pauvre patient propriétaire de la dite fistule que voila un bon moment à classer jouissif !

A l’hôpital j’ai rencontré le roi  de l’intervention viscérale qui m’a bricolé une fistule de derrière les fagots qui roule comme un bateau ivre et qui a mis en échec quelques virtuoses de la piquouse. Cela m’a rendu dubitatif en ce qui concerne les dégâts collatéraux possibles concernant cet important secteur ?

Alors même si je tiens à peine sur mes cannes j’ai bien l’intention de vous faire profiter de mon expérience jusqu’à la dernière minute car j’ai un sérieux doute quant au sérieux de ces bons samaritains, pour qui au fond, nous ne sommes que la matière première indispensable pour faire tourner ces hôpitaux-usine qui au final permettent aux plus malins de ces gens là de se tricoter une vie moins triste qu’il n’y parait !

A suivre

 

 

 

mardi, octobre 18 2011

Le dernier tronçon mais sans trop de précipitation ?

 

 

Dans le petit matin blême, le cul dans l’eau et aplati au milieu de ma cuisine, sans espoir de pouvoir me relever seul pour cause de carrelage  terriblement glissant ! J’ai tout de même fini par caler mon dos contre le meuble de l’évier. Je tâte, l’un après l’autre tous mes abatis, scrupuleusement, pour finalement constater que cette fois encore je m’en sortirais simplement, avec quelques bleus supplémentaires. Il s’agit bien pourtant de ma 4ème gamelle, dans un l’abs de temps relativement court.

 Même si la chance semble me sourire je suis tout de même sonné et honteux de me trouver dans cette situation fâcheuse. Je suis même sans voix jusqu'à ce que je constate que mes vieux os ont, une fois encore, prouvé leur grande résistance !

 

J’avais été réveillé avant l’aube par une atroce brulure dans le pied droit et je pensais que tremper ce pied dans un bain bouillonnant me soulagerait un peu. Je transportais donc ma petite merveille de technologie jusqu’à l’évier pour la remplir. C’est lors de la phase suivante que tout ce gâta subitement. En effet lorsque je voulus retirer de l’évier le récipient rempli d’eau, je constatais que son poids  était relativement plus important que je ne l’avais estimé. La distance à parcourir n’étant pas bien longue j’ai cru pouvoir réussir l’opération. Courageusement je soulevais le récipient mais dés le deuxième pas je fis une embardée et je me retrouvais au sol baignant dans la flaque d’eau qui recouvrait l’ensemble de la surface de la cuisine. Sans nul doute possible j’étais en grande difficulté.

Alerter mon épouse qui dormait à l’étage ne solutionnerait pas mon problème, car elle n’arriverait pas à me faire retrouver la verticalité. Le cul dans l’eau, j’ai donc beaucoup réfléchi, mais cet interminable bain de siège n’a pas eu d’effets positifs sur ma créativité. Une heure plus tard ma situation n’avait toujours pas évolué. A tout hasard je me suis décidé à déclencher l’alerte et soudain mon épouse prit conscience de mon mini naufrage, faute de pouvoir me relever, elle  s’attaqua au sinistre   que j’avais déclenchée involontairement et assez rapidement la cuisine perdit son aspect piscine et ressembla à nouveau à notre cadre de vie habituel.

Mes neurones s’étant remis tout à coup à fonctionner  j’entrepris de  ramper, lentement, en direction de l’escalier qui de notre séjour permet de gagner l’étage. Cela fut long et difficile et comme les escargots je laissais la trace de mon parcours sur le sol mais finalement sans assistance j’ai fini par me relever. Depuis cette magnifique victoire, chaque fois que mes jambes menacent de me trahir je me pose sur la première chaise disponible, fini les opérations hasardeuses mais cela ne m’empêche pas de continuer à évoluer dans l’aléatoire, mais doucement et prudemment, en ayant tout à fait conscience que je peux très facilement recommencer à réaliser de nouvelles cascades comme un vrai casse cou professionnel?

mardi, septembre 20 2011

L’Hôpital-Usine = Danger ?

 

 

L’on trouve de tout à l’hôpital made in France, du bon comme du mauvais ou même du très mauvais ou du très bon ! Autant d’usine autant de situations particulières avec tout de même les inévitables points de convergences ! Partout le gestionnaire à pris le pas sur le soignant et depuis que ces usines sont gérées avec comme premier objectif la rentabilité le patient en subit les contre coups car tous les autres acteurs sont protégés par des organismes écrans qui leurs permettent de vivoter d’autant plus facilement  qu’ils occupent une place de choix dans l’organigramme de ces conglomérats rarement très bien gérés!

A croire qu’un nombre non négligeable de ces honorables personnages consacre autant de temps à défendre leur pré carré que de remplir ces fonctions qui justifient les rémunérations.

Mais il ne convient pas non plus  de nier l’existence de pôles d’excellence mais tout de même c’est la médiocrité qui l’emporte lorsque l’on fait l’inventaire de tous ces hôpitaux-usine à la française !

Et surtout n’allait pas croire que le niveau est sérieusement rehaussé par la création de cette branche privée qui exploite et vendange sur le créneau libéral de ce secteur ou l’on ne voudrait rencontrer que des philanthropes ! J’y ai rencontré aussi des personnages peu attachants, arrogants et parfois totalement  désinvoltes.

 

 Alors faut-il jeter tout ce monde là avec l’eau du bain ?

 

Il n’est certes pas facile de trouver une solution convenable et il faut être quelque peu kamikaze pour oser aborder un tel sujet lorsque l’on est soi-même lié à un robot pouvant assurer une certaine survie car dans ce milieu il existe aussi des teigneux, des aigris de tous poils, des personnages peu recommandables comme il en existe dans toutes les professions mais dans ce secteur ils sont bien plus dangereux car ils ont plus de facilité pour vous expédier « ad patres » simplement par maladresse et dans l’impunité la plus totale .

Du moins en sont-ils persuadés ?

samedi, septembre 17 2011

Ce corps si désobéissant… mais dialysé !

 

Rien ne sert de se révolter lorsque l’on constate que plus rien n’obéit comme avant !  Il faut composer avec ce pied droit qui bute sur toutes les aspérités de tous les chemins. Il est plus simple d’avouer que la chute est traumatisante et nous fais perdre de notre superbe alors que nous abordons le monde de l’aléatoire qui subitement devient simplement notre nouveau statut de vie ! Ce n’est certes pas confortable et les bons réflexes ne sont pas toujours au rendez-vous ! Si la panique s’installe la situation s’aggrave rapidement, c’est un chalenge que nous devons aborder sans céder au découragement, lorsque les résultats paraissent longs avant de devenir un tout petit peu probant ! Mais il ne suffit pas de décréter que tout va aller mieux pour que le miracle se produise, j’ai le sentiment d’avoir parcouru déjà un long chemin et pourtant j’ai l’impression que je n’avance guère ! La preuve, je n’ose toujours pas m’intéresser à ma voiture que la cadette de mes filles a fait équiper d’un appareillage susceptible  de pailler à l’inertie de ce fameux pied droit. Un système baptisé en jargon de spécialiste « le tiré-poussé » qui tient lieu d’accélérateur et de frein en version manuelle, ce qui est censé tout rendre plus facile ? En fait je n’ose toujours pas me lancer sur les belles routes normandes bien que j’ai conscience que l’épreuve devrait être surmontée sans trop de difficultés, mais j’attends toujours le déclic !

D’autant que j’ai un autre problème, non négligeable, apparu depuis la création d’une fistule dans mon poignet droit par un chirurgien, très peu communiquant, dont le résultat s’avère satisfaisant puisque la dite fistule semble fonctionner bien que cette intervention ait tout de même  engendré une douleur qui irradie dans toute la main avec en prime un annuaire droit qui au repos  se tient replié ce qui perturbe l’utilisation de la dite main qui reste en permanence douloureuse. Mais qui peut prendre en compte un tel désagrément dans une usine vraisemblablement dirigée par un gestionnaire ? Cela risque fort d’être placé sur le compte des dégâts collatéraux acceptables dans ce genre d’institution. Ici ou l’on rase gratis, il est reconnu que  le seul objectif sérieux consiste à alléger, toujours plus, le montant de l’enveloppe annuelle !

Donc une affaire pour moi d’une certaine importance et donc à suivre !

mardi, septembre 13 2011

Hôpital et Bagatelle…

 
 

Une séance de dialyse c’est long, tristounet mais hélas incontournable ! Alors que faire pendant tout ce temps, lire sans aucun doute et pourquoi ne pas somnoler, rêver aussi entre deux séances de lecture ?

 

Si à chaque début de séance, il règne dans l’unité une agitation canalisée par un protocole strict, une fois les branchements réalisés l’essaim des soignants se retire? Souvent, il faut que le robot se fâche tout rouge pour voir réapparaitre, pas forcément celle qui vous a branché mais la femme en blanc qui se trouve à proximité au moment de l’alerte. Généralement elle disparaît plus rapidement qu’elle n’est apparue. Quant aux activités qui meublent l’espace temps entre ces différentes périodes de pointes cela reste un mystère. Nul doute que les champions de la productivité qui veillent sur Monod aient trouvé des taches nobles pour meubler ces quelques creux.

 Ce qui est certain c’est que cette  énigme ne passionne pas beaucoup le clan des patients!

 

Donc le temps s’écoule lentement en dialyse et le moindre petit incident devient facilement un scoop monumental. Ce fut le cas hier, alors que je devais offrir l’apparence d’un coinceur de bulle authentique. Je fus tiré de ma torpeur par un gentil gazouillis, une sorte de ronronnement à deux voix. Cela m’a distrait un moment car je n’arrivais pas à comprendre s’il s’agissait de vieux amants qui se retrouvaient ou de futurs amants qui s’adonnaient à des rites prénuptiaux. Finalement c’était un aspect de la dialyse tout nouveau pour moi, mais comme l’amour m’endort  je n’ai pas lutté, heureux de constater que ces tourtereaux  ne résistaient pas à l’envie de se prouver qu’ils étaient vivants et virils dans un environnement de rêve ! 

 

De la galanterie servie en dialyse je n’y aurais surement pas songé ! Mais l’on ne pense pas à tout !

jeudi, septembre 8 2011

Une fistule pourquoi pas?


 

Un peu de temps a passé depuis cette rencontre, d’un type indéfinissable, entre un paquet de lessive transbahuté sans précautions particulières et projeté dans la cage d’un soi disant chirurgien, bougon, aux prises avec ses méditations. Par réflexe il s’est saisi de mon bras gauche et a grommelé : « ça va être possible ».

Visite suivie, un peu plus tard, par une rencontre plus chaleureuse  avec un anesthésiste plus disert qui m’a enfin expliqué ce qui suit :

 « Une fistule est la mise en communication d'une artère et d'une veine. Avec le temps, et sous l'effet de la pression artérielle, la veine va se dilater, avoir un débit plus important et augmenter sa résistance. La fistule possède l'avantage sur le cathéter (posé obligatoirement sur une grosse veine centrale) de permettre la cicatrisation entre les séances – et par conséquent moins d'entrée de germes. »

 

Lorsque le jour «  J » arriva je devais rapidement constater que la chronologie annoncée par le volubile anesthésiste n’était pas respectée. Une anesthésie locale m’avait été annoncée mais en fait je n’ai eu que le temps d’entre voir l’antichambre du bloc opératoire, de découvrir, tout de même, que l’anesthésiste qui était aux manettes n’était pas celui qui m’avait expliqué le déroulement de mon intervention. Ensuite, même pas eu le temps de découvrir le chirurgien que j’étais déjà dans les bras de Morphée et a mon réveil je me suis simplement rendu compte que j’avais un pansement à mon avant bras gauche prolongé par une canalisation plastique qui débouchait dans une sorte de petit réservoir, vide, vu que le sang suintait le long du tuyau sans que cela inquiète le moins du monde l’artisan de cette belle œuvre qui bien qu’alerté ne se manifestait pas facilement ! 

Il faut dire que ce n’était pas mon premier avatar ? La nuit qui avait suivi la pose de mon cathéter avait été chaude. Je m’étais endormi facilement de bonne heure car bien fatigué. A ce moment là tout était normal, mais je me suis réveillé tout à coup dans une chambre obscure dans une certaine humidité. Je cherche la commande d’allumage de ma lampe. Lorsque la lumière jaillit je me rends compte que je baigne dans mon sang et je n’ai rien senti ! J’alerte l’infirmière de nuit qui mit un certain temps à apparaître car occupée à l’autre bout du couloir par je ne sais qu’elle tâche.  Et comme je lui fais remarquer son manque d’empressement je suis gratifié en retour de remarques aimables que je juge inappropriées mais  il est urgent d’intervenir pour stopper l’hémorragie à l’aide d’un énorme pansement compressif. A la fin j’hérite d’une nuisette de chirurgie d’une éclatante blancheur et me voila reparti pour un nouveau somme ! J’avoue que je n’étais pas serein après avoir découvert que la surveillance de nuit des patients était voisine du degré zéro ! J’aurai pu me vider de mon sang et mourir comme un vulgaire poulet égorgé ! Ma nuit fut particulièrement tumultueuse car l’on dut changer mon pansement compressif sept fois et cela ne m’a pas laissé un merveilleux souvenir de l’hôpital public !

 

Aujourd’hui j’avoue être tout de même quelque peu en alerte car même si la fistule présente d’incontestables avantages sur le cathéter, le maniement des aiguilles demande une assurance certaine sans toutefois assurer pour autant le niveau zéro dans le degré de la douleur. J’appréhende le passage à ce nouveau mode c’est certain !

(à suivre)

samedi, août 27 2011

Socialement votre, mais avec modération ?

Ma vie jusqu’à maintenant n’a jamais été un boulevard tranquille mais compte tenu de mes antécédents familiaux je pouvais espérer parcourir ma dernière ligne droite en père peinard ! Espoir déçu puisque me voilà sur un lit et en dialyse, obligé de ruser pour arriver jusqu’au bout, c’est à la fois difficile et facile !

 En fait, cette révolution n’a pas été si tranquille, mais j’ai eu la chance de rencontrer dans ce monde qualifié un peu à tort de social, deux personnages hors normes, le premier est mon médecin référant, l’autre est mon néphrologue. Chacun sans en avoir l’air a pesé dans la décision importante que j’ai été amené à prendre, à savoir, une certaine survie tributaire d’un robot ! Tout un travail a été fait en douceur sur une plage assez longue sans jamais recourir a la méthode dirigiste .Finalement j’ai pris ma décision seul en étant informé sur tous les aspects d’un problème, tout de même, complexe. Comme la fin de mon Grand-père Edouard -lui aussi trahi par ses reins- et que j’ai vu souffrir longuement, de façon atroce jusqu’à cette agonie épouvantable qui est restée bien présente dans ma mémoire. A cette époque déjà lointaine il n’était pas question de prendre en compte la douleur et l’on considérait même qu’il n’était pas inutile de souffrir un grand coup avant de gagner l’au-delà, pourtant déjà problématique ? De nos jours la situation a bien évolué et si l’on a de la chance, l’on  peut espérer pouvoir partir pour un ailleurs, toujours aussi incertain, en échappant, au plus gros, de la douleur ?

Mon Grand-père Edouard n’a pas eu cette chance dont nous pouvons bénéficier. Aujourd’hui, si survivre avec l’assistance d’un robot ne nous tante pas, l’on peut choisir de passer le pas sans affronter trop de souffrances !

 

Donc, à la fin d’une période de réflexion arrive le moment ou un choix s’impose, parfois dans l’urgence ! Ce fut le scénario auquel je fus confronté. Le robot ne me tentait guère mais il m’était encore plus difficile, à moi qui ne suis pas suicidaire, de franchir le cœur léger le mince espace qui me séparait du néant !

 Finalement, je me suis trouvé quelques bonnes raisons pour justifier ma présence sur un lit de l’unité de dialyse à J Monod !

Il y a seulement un mois que tout a basculé et je suis encore assez loin d’être installé dans la routine. Je flotte dans un univers que je découvre au fil des séances dans un milieu ou je vois évoluer un grand nombre d’intervenants, plus ou moins attentifs, dans un secteur hautement sensible dont le coté humain n’est pas toujours assez prioritaire vu que le gestionnaire veille !

Mon verbiage vous paraitra peut-être un peu étriqué mais ne soyez pas inquiets, je ne suis en pleine phase exploratoire et j’aurais surement l’occasion de revenir sur ce sujet que je n’ai pas l’intension d’escamoter !

 

jeudi, août 25 2011

Dialyse : cette nouvelle vie qui ne me plait pas!

 

Mauvaise pioche pour moi alors que tous mes anciens, géniteurs compris, ont fini naturellement et sans beaucoup de souffrance ! Je le sais car j’étais là!
C’est la loterie de la vie qui est sans doute responsable?
Les questions aujourd’hui ne trouvent pas de réponses convenables.

Pourquoi avoir tiré ce mauvais ticket? Je ne sais pas! Pourtant le grand ordonnateur avait été généreux avec moi en ce mois de juin 1944 en décidant que les SS de Das Reich  n’arrêteraient pas ma quête de la vie et c’est une belle gratification qui me fut alors accordée puisqu’en 2010 je suis encore là!

Dans le rétroviseur je vois, en ce moment, défiler ma vie remplie de luttes qui m’ont souvent privée de bons moments  et me voilà arrivé au terminus ou plus exactement dans une impasse.

Je suis vivant mais réduit à l’état d’épave, je ne contrôle que difficilement mon corps même dans ses fonctions basiques. Je peux même m’oublier dans ma culotte sans rien pouvoir y faire faire, sinon me sentir humilié et c’est peu dire compte tenu que mes neurones fonctionnent encore! Mes jambes sont, hélas, molles et me supportent toujours mal. Je suis  devenu le prisonnier de la rue de Mer dont l’activité se résume à scruter le Net, ce qui me relie aux affaires du monde qui ne me concerne plus ! Activité coupée un jour sur deux par un transport en VSL et une longue séance de dialyse. Un programme pas véritablement porteur de grandes espérances!

Suis-je condamné à enregistrer au jour le jour mes petites défaillances sans être en mesure d'opposer la moindre résistance? Aurai-je l’occasion de me servir, un jour prochain, de l’équipement d’assistance que ma fille Céline à fait monter sur ma voiture afin de m’offrir quelques occasions d’évasion? Pas de réponse positive pour le moment!

 Je vis replié dans ma datcha, quant à mon Yveline, mon épouse, qui est bien fatiguée elle a pris ses quartiers, entourée par nos chats, dans notre chambre du premier étage que je ne peux plus atteindre! Elle a aussi des soucis de santé et je sais que nous devrons trouver de l’assistance si je ne récupère pas un peu afin de ne plus être un poids totalement mort!

Tout cela finira bien par m’ôter jusqu’au désir de vivre !

mercredi, août 17 2011

Secousses dans la vie d’un ghetto ?



J’évolue depuis peu dans le curieux univers de la dialyse ou atterrissent, plus de représentants du petit peuple que de favorisés ayant évolué dans les tranches supérieures de l’impôt. Cela semble être l’avis, partagé, par les soignants du centre, mais en ce qui concerne la fournée à laquelle j’ai été rattaché arbitrairement, je ne saurais dire, si oui ou non, elle correspond à la norme nationale. J’avoue que, pour le moment, je ne dispose pas d’éléments suffisants fiables pour appréhender de façon sérieuse une quelconque ébauche de statistique !

A vue de nez ma palanquée, semble composée d’une majorité de laborieux auquel le hasard a aggloméré quelques exemplaires, de « la middle class », à des degrés très divers. Ces sinistrés de la vie qui se croisent fugitivement lorsqu’ils se présentent un peu avant l’heure de la fournée du matin ou du soir ne communiquent, en fait que très peu. La grande majorité arrive à la séance flanqués de brancardiers, ou mieux sont accompagnés d’un membre de leur famille ou tout simplement par un conducteur de VSL stressé qui les déposent, pèle mêle, devant l’antre sans trop de précautions.

Qu’ils soient livrés sur brancards, ou qu’ils piaffent en fauteuil,observés par les quelques autonomes qui caracolent sur leurs propres cannes, formant un sous groupe minoritaire pas forcémentplus pétulant ! En réalité dans ce mondedes exclus, l’on se croise, en échangeant quelques rares propos et à l’occasion un sourire mais cela ne va jamais bien loin tant l’intensité du désarroi de ces pèlerins semble grande !

Un peu plus tard, chacun depuis sa niche, un espace ouvert, peut participer a longueur de séance à la déroute collective. Subir quatre heure durant l’incroyable toux d’un catarrheux chronique, qui ébranle toute la structure, ou recevoir à la volée les cris ou les propos délirants d’une dérangée avec pour tout dérivatif l’observation du « détenu » qui flanqué de son escorte policière, jouit de toutes les protections possibles. C’est peu pour distraire les paumés ordinaires rassemblés en ce triste lieu !

Mais a-t-on droit à une autre pioche ?

Pourquoi pas puisque nous sommes audomaine de l’aléatoire flagrant ou presque!

La dialyse ou l’usine dans l’usine ?

Lorsque l’on découvre L’hôpital J. Monod après avoir expérimenté d’autres lieux de séjour du même type etsi nos lampes sont bien allumées, l’on se rend très vite compte qu’ici on fait du social, au moindre cout. Rapidement l’impression dominante est qu’ici l’on gère beaucoup plus que l’on ne soigne. On pourrait même croire que tout est définitif car bien huilé et que dans cet étonnant système c’est le gestionnaire qui est roi et règne finalement en maitre! Alors pas étonnant de rencontrer, ici, rassemblés tous les petits désagréments qui rendent la vie d’un patient tellement agréable …

Je reviendrais sur ce sujet si important lorsque ma découverte du grand bateau sera plus complète !

Aujourd’hui je vais simplement essayer de retrouver les impressions et les sentiments divers qui m’ont assailli durant mes premières plongées en dialyse !

Tout d’abord un rappel utile, étant arrivé en marche -arrière en dialyse-, donc pas équipé de la fameuse fistule réglementaire, j’ai donc eu droit, dans l’urgence, sur le lit proche du robot a un branchement provisoire réalisé par un tandem inédit, preuve que la grande diversité est bien intégrée dans notre région. Un médecin d’origine possible africaine, contrôlant le travail de son confrère originaire d’un ancien pays de l’Est ! Une sorte de retour à la source, une vraie médecine de terrain… à l’ancienne !

Durant cette première séance qui fut relativement courte tout a basculé dans mon pauvre crane ! Alors je ne me souviens que de cette agression, non caractérisée,suivie d’une sorte de somnolence inconfortable ! De la séance suivante, toujours aussi courte c’est mon périple en lit dans les couloirs et les ascenseurs de l’usine, que j’ai retenu, une occasion magnifique de réaliser d’intéressants travelings sur des plafonds inattendus. L’accueil souriant de l’infirmière, chargée du contrôle de mon robot fut un moment important puisqu’elle m’expliqua simplement la manœuvre en cours. Aussitôt je compris que l’humain interférait dans le processus engagé mais en fonction des qualités qui existait en stock chez le manipulateur.

Les séances se rallongèrent et j’eus l’impression de vivre couché, dans un réfrigérateur. C’est vrai, mon entrée en dialyse ne fût pas triomphante en dépit de l’offre de survie indéterminée, mais dans un environnement pas franchement attrayant !

(à suivre)


jeudi, août 4 2011

Je flotte, je coule, je suis observé, je suis aux abonnés absents ?

 

Si je suis arrivé en dialyse, c’est bien en marche arrière, je n’ai jamais accordé,  une confiance aveugle en ces sortes de sorciers, appelés aussi médecin, que le grand ordonnateur a placés sur ma route et si, de plus, ce “certifié”,  me déclarait d'entrée: “ ne vous en faites pas, je vais vous guérir!” ma méfiance était en alerte, surtout si la liste des médicaments prescrits était impressionnante. Sans doute cette réaction de prudence vient du fait que j’avais vu ma brave mère absorber des tonnes de médicaments divers, des pilules de toutes les couleurs et de toutes les tailles qui ont soigné un nombre incalculable de maladies imaginaires mais il devait y avoir dans ce tas pas mal de placebos car elle a tout de même bien résisté, au moins, jusqu'à son 88ème anniversaire. Comme  l’avait fait son père qui était aussi mon grand-père, cet Edouard qui lui, n’a jamais touché sérieusement aux médicaments!

 

 

Mon arrivée discrète dans le sanctuaire de la dialyse?

 

Impression surprenante, celle d’entrer dans un lieu déroutant, aveugle ou les technologies modernes voisinent avec le désuet. Dans chacune des petites cellules que comporte ce local trône une sorte de machine à sous qui égrène des sons plus ou moins joyeux mais sans jamais cracher le moindre jeton. En découvrant pour la première fois ce lieu je suis intrigué, mais aussi, pourquoi ne pas l’avouer, l'inquiétude n’est pas bien loin non plus. J’observe les déplacements de tous ces gens  qui coopèrent à la bonne marche de cette  boutique insolite ou tous les intervenants semblent accaparés par des protocoles complexes. Et chez eux pas la moindre trace de fébrilité,  il flotte même une certaine sérénité.. J’observe le moindre mouvement, cela m’occupe avant que l’on me prenne en main. J’assiste en spectateur-acteur à l’arrivée de la fournée du matin de tous ces sinistrés des reins qui viennent confier, pour épuration, leur sang à de bons et gentils robots.

Comme les jockeys les aspirants à la dialyse sont pesés à leur arrivée soit directement avec leur lit ou sur le fauteuil balance qui trône dans l’entrée. Une opération basique opérée, tant par les ambulanciers que par le personnel du centre. Tout cela se passe dans une ambiance détendue, je remarque aussi que le plus grand nombre des patients présents sont à mobilité réduite. Tous ou presque paraissent confiants et facilitent de leur mieux les intervenants qui les débarrassent de leurs chaussures et de quelques éléments vestimentaires, avant la pesée. Mon tour arrive et après cette première étape, toujours en fauteuil je suis acheminé jusqu'à la petite niche qui m’est attribué pour cette première séance. Pas de luxe inutile, dans des locaux en fin de vie -eux aussi- ou tout parait tout de même net  et fonctionnel ! Ces niches sont mono ou biplaces et accueillent soit un lit et un robot soit deux lits et deux robots. Me voila installé sur mon lit prêt à être branché pour la première fois après la pose, à  l’ancienne, de ce fameux branchement prévu pour seulement deux séances .Opération somme tout basique mais pas franchement si facile et si agréable.  Quant au robot, il est prêt et semble tout guilleret d’accueillir mon sang pour le débarrasser des impuretés que mes reins défaillants n’ont pas pu éliminer. Cette machine qui trône non loin de mon lit attire beaucoup ma curiosité. Elle émet des sons étonnants qu’elle égrène à intervalle plus ou moins régulier. Son grand écran tactile, tapoté par l’intervenante qui entre tous les éléments utiles à la séance, qui ne va plus tarder à débuter.

Ok! Je suis branché, je suis totalement dépendant du robot qui épure mon sang et affiche sur son écran de nombreux paramètres. Au sommet de la machine un voyant, au vert scintille, mais pour qu’elle espérance?

Allongé dans mon lit je scrute le local qui n’est pas bien grand et a un petit air vieillot, je suis seul dans cette niche car tous les intervenants ce sont retirés les uns après les autres. En premier les deux toubibs qui ont réalisé le branchement et que mon néphrologue avait rejoints pour me faire une visite de courtoisie à laquelle j’ai été sensible. La dernière à quitter les lieux, après m’avoir parlé abondamment de la suite des événements, fut la conductrice, celle qui dompte le robot sans fouet.

Je suis maintenant seul et je guette tous les bruits émis par cette machine un peu déroutante. A intervalle régulier le brassard qui enserre mon bras droit se gonfle pour réaliser le contrôle de ma tension. Comme elle est élevée l’alerte se déclenche et cela dure un peu avant qu'un intervenant ne vienne contrôler le phénomène. La première alerte m’a surpris mais rapidement je me suis adapté! Cette première séance ne durera que deux heure, demain trois heures et après quatre heures : c’est long, pas amusant mais comme je n’ai pas le choix je dois bien accepter.

 

Une alerte du robot me tire de ma torpeur, un coup d'œil sur l’écran de contrôle me rassure 30 minutes restent au compteur!

La fin de cette première séance arrive rapidement, je suis désolidarisé de la machine, je suis à nouveau un homme, presque libre, mais pas flambant. Vint la pesée et après une courte attente une équipe de brancardiers m'entraînèrent par couloirs et ascenseurs jusqu’à ma chambre du 6ième étage m’offrant la perspective de voir défiler des plafonds assez peu attrayants!

 

Anomalies, désespoir, le temps s’écoule avec une lenteur atroce à l'hôpital J. Monod! Tout cela est, à la fois, subjectif, réel et finalement totalement faux!

Mon silence ne vous paraitra plus si curieux ?

(à suivre)