D'abord, la charge contre « les puissances d'argent, financières et médiatiques ». Ensuite, la rupture du « cycle du monopole politique à deux ». Et enfin, l'affaire de la suspension d'Alain Duhamel pour cause de « bayrouisme déclaré ». En trois temps, en jouant astucieusement de son image de martyr médiatique et en surfant sur la crise de légitimité des éditorialistes dans un climat de repentance généralisée, François Bayrou semble avoir subrepticement réussi à s'imposer comme le candidat préféré des « vraies gens » face au duopole Sarko-Ségo qu'il dénonçait avec vigueur. Le pourfendeur de la « République des clans » est devenu le candidat du « parler vrai ». Un véritable exploit pour le candidat anti-élites qui s'est déjà hissé au rang de « troisième homme » dans les sondages, en attendant de faire mieux.