A Cahors en Quercy aussi ?
Par Duboubou 1er le vendredi, mars 16 2007, 10:57 - Le 46 en Quercy - Lien permanent
Intifada dans la France profondeCahors dans le Lot. Premier caillassage recencé à Cahors, 23.000 habitants. Des jeunes pleins de projets.Cahors (Lot), 6 octobre 2006.Un lycéen de 17 ans, appelons-le R., et son camarade, à peine plus âgé, ont été interpellés vendredi soir, vers 21 heures, aux HLM de la Croix de fer, épilogue d'une intervention de police mouvementée.A l'issue de 24 heures de garde-à-vue, ils ont été présentés au juge d'instruction et placés sous contrôle judiciaire en attendant une convocation devant le tribunal. Ils sont accusés de dégradation de bien public.Que s'est-il passé ce soir-là dans la cité ?D'après nos informations, une patrouille de police s'est rendue sur les lieux à la suite d'une plainte. Des jeunes étaient en train de jeter des cailloux sur la piscine municipale. Police et justice affirment que la voiture des policiers a également été accueillie par des jets de pierre. Le premier « caillassage » recensé à Cahors ! Les forces de l'ordre ont alors pris en chasse des groupes de jeunes et procédé à deux interpellations particulièrement mouvementées. Jeanine Amisse, la maman de R., en fait un récit de western. Elle arrive sur les lieux alors que son fils est en passe d'être menotté. Elle a été alertée par une voisine qui assure que le jeune homme sortait de chez elle où il venait de prendre son repas. Récit de la maman : « J'ai paniqué. Je me suis dit : ils vont lui briser les reins ». Elle s'interpose. L'un des trois policiers la repousse fermement. Elle tombe, se relève et reçoit, assure-t-elle, une gifle. Aux fenêtres où plusieurs personnes assistent à la scène, une grand-mère crie : « On ne frappe pas une femme ».La voisine s'indigne : « Cahors, c'est pas la banlieue ». « On ne dit pas que nos enfants sont des saints », renchérit la maman. Les mères non plus ! L'une d'elles doit passer prochainement en jugement pour outrage à agents.En fait, il semble que le climat se soit dégradé depuis quelque temps. La mère affirme que certains policiers viennent « chauffer » les jeunes. D'autres, au contraire, souligne-t-elle, se montrent aimables, les saluent et leur serrent la main. « La police, elle doit faire son travail mais si elle ne respecte pas nos enfants, comment voulez-vous que nos enfants respectent la police ? ». « Le plus jeune de mes fils a assisté à tout ça, ajoute la voisine. Il est choqué et ne veut plus sortir ». Un réquisitoire teinté de fatalisme : « De toute façon, c'est leur parole contre la nôtre ».La maman veut porter plainte. « C'est injuste », lâche R. Sa grande soeur parle de lui comme d'un adolescent « plein de projets » qui « a envie de réussir ». |