Le candidat Nicolas SARKOZY a attisé les peurs en reprenant les fantasmes mis en avant par LE PEN. La France est fracturée. La France de droite et réactionnaire qui a élu SARKOZY est alarmée. Elle craint les jeunes des banlieues, les exclus, les étrangers, la violence. Une femme au pouvoir l’effraye… Comme à d’autres moments de son histoire, la France a choisi le meneur, le « vrai chef » qui la rassure en lui promettant l’ordre moral. Les Français se sont laissés convaincre par la rengaine de l’Etat sans le sou et des contraintes de la mondialisation libérale qui rendaient insupportables le coût des acquis sociaux.

Ce matraquage, imposé par l’oligarchie, a rendu largement inaudible la volonté de promouvoir le progrès social. Enfin, depuis 5 ans les grands médias se sont mis au service de l’ambition de Nicolas SARKOZY.

 

Certes Ségolène ROYAL a reconquis une partie de l’électorat populaire, mais une autre s’est laissée duper par le discours populiste de Nicolas SARKOZY. C’est lui qui, lors du premier tour, a le plus récupéré cet électorat, égaré chez LE PEN. Finalement c’est le vote des couches populaires qui explique l’échec de la gauche. Confrontée au déclin industriel et à la fracture sociale, la gauche, qui n’a rassemblé que 36,44 % des voix le 22 avril, a perdu la bataille idéologique. Le mal vient de loin. La gauche est victime du recul, depuis des années, de l’engagement militant et de l’action collective. Face au dogme du marché, la gauche n’a pas suffisamment affirmé sa confiance dans les valeurs d’égalité et de fraternité et manqué de crédibilité. La sociale démocratie reste marqué par ses échecs : présidentielle de 2002 ; non au référendum sur la Constitution européenne. La gauche de la gauche a brisé une dynamique et casé l’espoir en se divisant. Une question fondamentale est posée à la gauche. Comment ancrer son action dans le monde des travailleurs et des quartiers ?

 Quant à l’UDF, le résultat de l’élection montre que l’idée d’un parti du centre, autonome, risque de demeurer une chimère.

 

DEMAIN ?

 

Demain il faudra se battre contre l’autoritarisme, les restrictions de libertés, pour défendre les services publics et limiter la casse sociale. Nicolas SARKOZY a beaucoup promis : défendre le modèle social républicain, préserver les salariés de la mondialisation sauvage… Parce qu’il est le candidat de l’argent au pouvoir, y a peu de chance que ces promesses là soient tenues. D’un côté il y aura la volonté d’appliquer une politique de plus en plus libérale. De l’autre une France qui, parce qu’elle refuse capitalisme mondialisé, en mai 2005 a voté non à 55 % au référendum. Parmi cette France là, le monde du travail qui lutte, les jeunes qui se sont mobilisées contre le CPE, les précaires, les exclus, ne se laisseront pas écraser sans réagir. Le risque d’une crise sociale et politique majeure existe donc. Ce risque serait d’autant plus grand si, derrière Nicolas SARKOZY, la droite dure gagnait les législatives. Une autre bataille décisive commence pour éviter qu’elle ne détienne tous les pouvoirs politiques, économiques et médiatiques et que désespérance ne conduise à de nouvelles violences. A cet égard, le rapport des forces dans la ville de Saint-lô est porteur d’espérance

                                                            A Saint-lô le 07 mai 2007

 

                                                            Jacques DECLOSMENIL