La justice a ordonné la libération in extremis de deux couples de sans papiers chinois, parents d'enfants scolarisés à Paris et placés dans le centre de rétention de Oissel (Seine-Maritime), a-t-on appris vendredi auprès du Réseau Education Sans Frontières (RESF).

"M. Lifeng Jiang et Mme Tingmei Xhang ont été arrêtés mercredi à Pont-Sainte-Maxence dans l'Oise et, parce qu'ils n'ont pas de papiers, sont aujourd'hui enfermés au centre de rétention de Oissel, à côté de Rouen", a indiqué RESF dans un communiqué.

Leur fils Jacques, 4 ans et demi, scolarisé dans la maternelle de la rue de Thionville, dans le XIXème arrondissement, était confié à la famille, qui était dans l'ignorance du sort de ses parents, a précisé à l'AFP Anthony Jahn, membre de RESF.

"La famille n'a pas osé alerter qui que ce soit", a expliqué Brigitte Wieser, de RESF, qui, alerté par la Cimade, a pu retrouver l'enfant.

Le juge des libertés et de la détention du tribunal de Rouen a ordonné vendredi soir la libération des époux, mais le préfet dispose de quatre heures pour faire appel, a souligné RESF.

Par ailleurs, le tribunal de Rouen a annulé la rétention administrative de Meï Zhu Pan et Long Pan, arrivés de Chine en 1999, parents de trois jeunes enfants nés en France et scolarisés le XIe arrondissement. Ils avaient été arrêtés mardi soir dans leur atelier à la Courneuve (Seine-Saint-Denis) et transférés à Oissel, selon le communiqué.

"La formidable mobilisation des parents d'élèves, enseignants, élus, citoyens du 11e arrondissement et de RESF a permis leur libération", estime RESF qui rend hommage à la "solidarité témoignée par l'équipe de Thierry Foucault, sénateur-maire de Oissel et des associations rouennaises".

Le tribunal administratif doit encore se prononcer lundi sur une mesure d'éloignement qui les vise, souligne RESF.