Jacques SERVANT a tiré sa révérence...
Par Duboubou 1er le mercredi, octobre 3 2007, 13:47 - Fil Infos - Lien permanent
...c'était un personnage attachant, un peintre de talent et ce fut aussi un journaliste fiable de l'AFP. Assez peu connu du grand public il n'a pas si facilement tutoyé l'aisance et s'il est devenu journaliste c'est aussi pour pouvoir s'assumer et s'adonner sans trop de soucis à sa passion qui l'habitait entièrement.
Il vient de disparaitre à la suite d'une longue maladie, à 70 ans, en nous laissant un grand nombre d'œuvres majeures.
Bien que né à Bordeaux c'était un enfant du Quercy par sa mère qui durant la dernière guerre séjourna souvent à ST Martin-Labouval dans la vallée du Lot dans sa maison familiale : l'Oustal Bugueret.
Il était resté fidèle au Quercy ou en 1998 il avait exposé,à Cajarc, une sélection de ses œuvres et à cette occasion il retrouva St Martin et ses souvenirs d'enfance.

Deux extraits de presse qui correspondent a deux périodes importantes de son œuvre:
Peinture à l'eau de signes de feu, de terre, d'air. Peintures élémentaires de remontée aux origines; archeios-ancien; mais aussi compositions architecturées; archi-excellent, tecton-ouvrier.
Peinture de la maturité dans une technique très belle, peu pratiquée en France, dont la tradition, pourtant, remonte au Lorrain. S'en réclament les Anglais: Cozens, inventeur du «dribbling», du tachisme; Constable, assidu du «cloud service» (Ruskin) peintre des nuages; et surtout Turner, peintre de la fusion et de la séparation des éléments. Turner qui se recueille avant l'attaque: «Vacancy most fair... over these pure leaves» (Le plus beau vide... sur ces feuilles pures).
Oui, à l'instar de ces ancêtres, Servant fait éclater la lumière par l'épargne bien tempérée de la feuille blanche; par la superposition alentour des couleurs transparentes, par les éclaboussures ignées, les scintillements glacés d'un chaos qui prend formes et couleurs, structure et contraste, lumière et ombre; éléments par lesquels il constitue un espace citadin, alvéolaire qui domestique et structure les impulsions rougeoyantes et rugissantes des passions. En termes musicaux, ces aquarelles dans leur apparente promptitude, seraient comme la «strette» des musiciens, l'attaque rapide, bien conduite, menant à la conclusion de la fugue. Peu de vert dans les compositions de Servant. «Couleur que nous laissons à la nature", aurait-il pu dire avec Oskar Schlemmer, autre excellent aquarelliste.
Ces stèles; momento mori, pierres levées, sont les témoins des premiers temps de la création, mais aussi les signes monitoires des temps derniers à venir. Jacques Servant est le peintre des flamboiements qui éclairent et réchauffent nos grisailles. Albert Flocon