Des e-mails plein la boite !
Par Duboubou 1er le mercredi, janvier 14 2009, 15:00 - En direct de la toile... - Lien permanent
Ce message reçu ce matin devait, sans hésitation, être porté à votre connaissance car tous les sujets doivent pouvoir être abordés sur le Net… mais pour combien de temps encore ? Duboubou1
> > A : "ouest
france" , "La Manche libre" , "Tendance Ouest" , redaction.locale@lapressedelamanche.fr, juliette.lemeunier@radiofrance.com, redac@bakchich.info, cgtptt.14@laposte.net,
cgt@cgt.gt
> > Copie à :
> > Objet : Communiqué violences policières - visite Sarkozy à
St-Lô
> Vous trouverez ci-joint un communiqué des organisations syndicales de la
Manche, suite aux violences policières qui ont émaillé la visite de Nicolas
Sarkozy à Saint-Lô. Une dizaine de personnes dont deux militants CGT ont été
interpellés ce jour.
>
> Contact : Lionel Lerogeron, secrétaire général de l'union départementale
CGT 06 85 17 48 48
> Cordialement,
> > De : "- UNION LOCALE CGT"
Les organisations syndicales CGT, FSU, Sud-Solidaires, CFDT, UNEF, après les graves incidents qui ont eu lieu cet après-midi, interpellent le président de la République, les élus et les citoyens du département de la Manche. Dans un pays démocratique, la plus aveugle violence policière s’est déchaînée sous nos yeux.
La manifestation organisée à l’occasion de la visite de Nicolas Sarkozy a rassemblé 5000 personnes dans les rues de Saint-Lô, dans l’ordre et dans le calme. Les organisations syndicales ont veillé, tout au long de cette journée, à canaliser les manifestants et à éviter toute provocation.
Durant le
rassemblement, cinq manifestants, dont quatre lycéens et un militant de
la CGT ont été interpellés par les forces de l’ordre, sans qu’il y ait eu de
leur part la moindre violence ou provocation. A la dislocation du
rassemblement, les manifestants se sont rendus au commissariat pour
accompagner une délégation qui demandait à être reçue. Après une première
charge sans sommation, au gaz lacrymogène, les militants des organisations
syndicales ont formé un cordon pour éviter tout débordement. Les manifestants
se sont ensuite dirigés vers la mairie, pacifiquement, la tension baissant.
Alors même que notre délégation revenait d’une audience en préfecture, les CRS
arrêtaient plusieurs jeunes manifestants, suscitant la colère de leurs
camarades. Les forces de police ont alors directement chargé, frappant à de
multiples reprises des manifestants sans défense. Un autre militant de la CGT a
été pris dans l’échauffourée.
Les forces de police ont voulu procéder aussitôt à un contrôle d’identité.
Entouré par les militants, notre camarade a refusé de s’y soumettre
immédiatement, cette injonction étant une atteinte manifeste au droit de
manifester pacifiquement. Après que nous ayons tenté de négocier, les CRS ont
de nouveau chargé, s’en prenant avec violence à un groupe d’une trentaine de
personnes, d’où nous avions pris la peine d’évacuer tous les mineurs. Notre
camarade est ce soir détenu au commissariat de Saint-Lô.
Cette journée est à marquer d’une pierre noire dans l’histoire locale. Jamais
jusqu’ici notre ville n’avait été le théâtre de quelque violence que ce soit
lors de manifestations. La population a toujours fait preuve de flegme et d’un
grand respect de la légalité.
Le jour même où le président de la République visite en coup de vent la capitale du département, la violence policière s’est déchaînée dans toute sa brutalité sur des manifestants pacifiques.
Ce soir, ce sont non seulement une dizaine de citoyens – dont deux militants de la CGT- qui sont détenus injustement, touchés dans leur dignité et dans leur chair. Ce sont aussi les libertés fondamentales qui sont bafouées par la police de M. Sarkozy : droit de manifester, droit d’exprimer pacifiquement des opinions et des revendications, droit de militer dans une organisation syndicale et de faire grève.
La violence policière qui, vue de notre département, pouvait passer pour un phénomène lointain, nous touche aujourd’hui de plein fouet. Notre démocratie, déjà bien mise à mal, est aujourd’hui malade : malade d’une brutalité froide et aveugle devenue la règle ; malade de l’autisme d’un gouvernement aux ordres du patronat ; malade enfin de l’intolérance d’un président incapable d’admettre que 5000 personnes lui expriment leur défiance, alors que seules quelques dizaines venaient le saluer.
Les organisations syndicales demandent la libération immédiate et sans condition des manifestants détenus, ainsi que l’abandon de toute poursuite à leur encontre. Elles demandent également qu’une enquête soit ouverte sans délai sur la responsabilité de ces graves débordements policiers. Elles appellent enfin toute la population à se mobiliser dès maintenant en vue du mouvement national du 29 janvier prochain.
Saint-Lô, le 12 janvier 2009
Contact presse
Union départementale CGT de la Manche
02 33 57 23 79 / 06 85 17 48 48